En route pour le Marseille Gangster Tour

Bienvenue dans le Marseille Noir, celui des nervis et des affranchis, des maisons de tolérance, des marins et des trafiquants, de Carbone & Spirito et de Zampa. Embarquez sur le Marseille Gangster Tour, une balade historique sur les traces des mauvais garçons et des femmes de petite vertu…

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Alors que le jour tombe sur Marseille, une vingtaine de personnes attendent le départ de la balade devant les marches de la Mairie. Une dame demande à prendre en photo la pancarte « Marseille Gangster Tour » de notre guide.

Je vais l’envoyer à mes enfants pour leur faire peur.

C’est en tombant par hasard dans les rayons de l’Alcazar sur la biographie du parrain marseillais Tany  Zampa que l’idée du Gangster Tour a germée dans la tête de Mathieu Faureau. Après s’être longuement documenté, et après avoir usé ses semelles sur les traces du milieu marseillais de 1850 à 2000, il a décidé de créer cette balade urbaine en deux volets.

Saint-Jean, l’ancien quartier rouge de Marseille

Le tour démarre rue de la Prison. Le ton est donné. Nous sommes à l’emplacement de l’ancien quartier réservé, Saint-Jean. C’est une zone située derrière la mairie où l’on trouvait dès la deuxième moitié du XIXème siècle de nombreuses maisons de tolérance. Jusqu’en 1930, ce quartier a compté jusqu’à 7000 prostituées, soit l’équivalent du quartier rouge d’Amsterdam. Les marins venaient de loin pour goûter à la réputation sulfureuse de ce port.

Entièrement rasé pendant la Seconde Guerre Mondiale par les Allemands, ce quartier assimilé à une cour de miracles où on se livrait à tous les trafics a été reconstruit dans les années 50. Ce sont les fameux immeubles Pouillon du Vieux-Port.

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Les nervis marseillais, des souteneurs en espadrilles

Les années 1900 sont marquées par le règne des fameux nervis, souteneurs locaux et hommes de main qui s’organisent en bandes. Flingue à la tayolle, la bande de Saint-Jean menée par François Albertini dit « François le Fou » affronte la bande rivale du quartier de Saint-Mauront. On se bat en pleine rue et on compte à l’époque trois agressions journalières sanglantes. Quelques années plus tard, ce même François le Fou sera, avec un de ses associés, à l’origine de la traite des blanches vers l’Afrique et l’Amérique du Sud.

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Derrière la Mairie, là où se trouvait à la fin du XIXème siècle/début XXème, le terrain de jeu des nervis.

Histoires du Panier & cinéma fantôme

Nous prenons la direction du Panier. Au détour d’une rue, un volet s’ouvre brusquement et un cinéma de poche apparaît sous nos yeux ébahis. Un certain Alain nous projette quelques images d’un Marseille révolu, des années 20 au années 50. C’est inattendu et génial. En partant, il nous met en garde le sourire aux lèvres, avec de faux airs de tonton flingueur :

Comme disait Gaston Deferre, au Panier, je me déplace toujours avec un petit calibre. Et de grosse balles.

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L’Évêché et la naissance du Milieu

Plus loin, nous arrivons sur la place du Refuge. Elle est déserte et l’évocation de ce lieu chargé d’histoire fait froid dans le dos. De gros rats cavalent en toute impunité.
Puis nous arrivons devant l’Évêché, lieu mythique et évocateur, notamment pour certaines histoires qui ont forgées sa légende, du vol des bijoux de la Bégum en 1949 au démantèlement de la French Connection. L’Hôtel de police de Marseille y est installé depuis 1908.

Des nervis aux affranchis

CARBONE

Les années 20/30 voient émerger le crime organisé à Marseille. Mathieu invoque pour conclure le premier épisode de cette balade les fantômes de Carbone et Spirito, deux personnages sidérants qui ont marqués au fer rouge l’histoire de la criminalité marseillaise pendant plusieurs décennies et dont l’influence était à l’époque sans limites.

Sous la lumière blafarde d’un lampadaire, la silhouette de la Bonne-Mère se dessine derrière le Vieux-Port et on a l’impression de voir se glisser une ombre furtive portant un Borsalino.

Le Gangster Tour volume 1 s’achève mais on n’a qu’une envie, qu’il continue, pour plonger un peu plus loin dans les secrets de la pègre marseillaise…

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Je veux y aller !

Le Marseille Gangster tour se visite en deux épisodes :
Épisode 1 : 1850 à 1950. Le grand banditisme marseillais « Des nervis aux affranchis »
Épisode 2 : 1950 à 2000. Le grand banditisme marseillais, des frères Guérini à Francis Le Belge
2h/2h30 – Tarif : 10 euros
Réservation : via l’association Marseille Autrement
Contact : marseillegangstertour@gmail.com
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En savoir +

À LIRE – Thèse de Laurence Montel, « Marseille capitale du crime. Histoire croisée de l’imaginaire de Marseille et de la criminalité organisée (1820-1940) »